Chaque année, il est désormais devenu habituel pour moi de passer environ une semaine sur une île de l’atlantique au mois d’octobre dans le but avoué et assumé de remplir mon cochoir et mes yeux d’observations d’espèces rares néarctiques ou sibériennes. Après quelques séjours plus ou moins fructueux sur Yeu, Hoëdic et bien sûr Ouessant la mythique, 2008 a été l’occasion de tenter l’aventure sur Sein. Choix plutôt payant puisqu’en compagnie d’Yvon Le Corre, mon acolyte lors de ces escapades automnales, nous avons pu observer un bon échantillon d’oiseaux rares.

            Arrivés le 13 octobre sur l’île, la première journée aura produit surtout des classiques avec Tarin des aulnes, Pigeon colombin, Chevalier gambette, Fauvette à tête noire, Pluvier argenté, Bécassine des marais, Gobemouche gris, Sarcelle d’hiver, Chardonneret élégant, Râle d’eau, Bergeronnette des ruisseaux, Rougequeue noir, Grive mauvis, Bécasseau sanderling et Barge rousse. Les highlights de la journée sont l’observation d’un Pouillot à grands sourcils (PGS pour les intimes) dans les tamaris du phare et d’un Bécasseau tacheté sur la plage du Sphinx (présent depuis plusieurs jours). Un départ tout en douceur en somme.

 


 

 

            Le lendemain, 14 octobre, le rythme s’accélère. Nous débutons la journée par une matinée de baguage dans les tamaris du phare où le PGS de la veille sera capturé et bagué. Sympa pour un début. Visiblement, des migrateurs sont arrivés avec notamment beaucoup de Rougegorges familiers et d’Accenteurs mouchets (spéciale dédicace aux Dunnock Fuckers). Parmi les nouveautés, citons la Bécasse des bois, le Hibou des marais, le Gobemouche noir, la Sterne caugek, le Pipit des arbres, l’Hirondelle rustique, la Mésange noire, la Mouette mélano, la Gallinule, le Bécasseau minute, l’Alouette des champs, le Chevalier guignette, le Tarier des prés, le Traquet motteux,…. En début d’après-midi, nous prospectons un secteur que nous baptiserons plus tard la « Petite Sibérie ». C’est en fouillant les buissons et fougères du secteur qu’Yvon m’interpelle et me signale un piaf « bizarre » dans les fougères. Je le rejoins et l’oiseau sort alors de sa planque quelques secondes puis s’envole vers un roncier. Ma première impression est celle d’un sylvidé effectivement bizarre. L’oiseau monte alors sur une tige de ronce bien en évidence. Immédiatement, certaines photos vues sur le net me reviennent à l’esprit et j’annonce alors à Yvon : « c’est une isabelle ». Par la suite, nous pourrons observer cette Rousserolle isabelle dans de bonnes conditions.

 

 

 

 

Trop cool cette journée !!! Nous continuons notre prospection vers la plage du Sphinx où nous réobservons le Bécasseau tacheté et au retour nous croisons un couple d’ornitho et leur annonçons notre découverte. Nous les accompagnons alors vers le site à isabelle. Juste le temps en chemin d’observer 2 Bruants des neiges et nous retrouvons la rousserolle au même endroit. Quelques instants plus tard, je découvre un Bruant lapon dans un jardin. L’oiseau se posera même à quelques millimètres-Mérot de mes chaussures (trop près en tout cas pour faire la mise au point sur mon réflex).

Là dessus, fin d’une journée mémorable. Décidément, elle me plait cette île.

 


 

 

            Le mercredi 15 octobre 2008 restera assurément dans nos mémoires. Après une matinée de baguage produisant un nouveau PGS, la prospection de la « Petite Sibérie » s’avérera plus que payante. En cherchant la Rousserolle isabelle de la veille, je tombe sur une grive sp. posée sur un roncier et dont je ne vois que la tête. Assurément, il s’agit d’un truc bizarre car ce n’est pas une des espèces classiques. Je préviens Yvon d’un hochement de tête car l’oiseau est proche. Tellement proche qu’il s’envole dès qu’Yvon s’immobilise. Il se pose plus loin dans un arbre où nous l’observons à la longue-vue avant qu’il ne disparaisse. La stupeur passée, nous réalisons qu’il s’agit d’une Grive de Sibérie.

 

 

 

 

Là c’est tout simplement énorme !!!! Après quelques tapes dans le dos et bonds sur place, nous revenons sur terre. Il nous faut absolument des photos de cet oiseau, sinon, qui nous croira ? Nous nous séparons pour augmenter nos chances de retrouver la bête. Avec un coup de bol monstrueux, (encore un !!) je retrouve la grive posée sur la plage en train de se nourrir avec une Grive musicienne. Je préviens Yvon puis m’approche pour tirer le portrait de ce mythe vivant. L’oiseau s’envole vers le bord de la plage pour se nourrir. Je peux alors m’approcher à couvert sur une dizaine de mètres suite à quoi je prends plusieurs photos de l’oiseau. Ca y est, on les tient les preuves par l’image. L’oiseau s’envole alors, fonce vers Yvon qui était hors de vue et évite de le percuter par un virage brusque. Fin de spectacle, nous ne tenterons pas de retrouver l’oiseau. Nous terminons la journée en roue libre avec une banane monstrueuse 

Dernier site de la journée : la plage du Sphinx où le Bécasseau tacheté nous attend. Bien calés derrière les rochers, nous détaillons les limis qui se nourrissent dans les laisses de mer. Un d’eux, au milieu retient notre attention. « Je crois qu’on a un Bonaparte Yvon ».

 

 

 

Mon acolyte est aux anges, le Bécasseau de Bonaparte est le dernier bécasseau néarctique qui lui manquait (hormis le Bécasseau échasse bien sûr). Et voila, fin d’une journée inoubliable qui se termine dans un des troquets du port devant une (plusieurs) bonne(s) bière(s). Vraiment Sein, c’est énorme.

Les deux derniers jours seront plus calmes avec toutefois de nouveau les Bécasseaux tachetés et de Bonaparte le 16 et une arrivée de Mésanges noires le 17 qui s’avèrera être les prémices d’une invasion  très impressionnante sur l’île.

 

Will


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Coches trip 2009-2010
Retour à l'accueil

logo lattv2 copie

Recherche

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés